Portrait #1 Stéphane Escaich, fondateur du centre de formation Amphibie

Pour inaugurer cette nouvelle série de portraits de personnes inspirantes, j’avais très envie de vous présenter la personne qui me forme à la PNL (Programmation Neuro-Linguistique), Stéphane Escaich, fondateur du centre de formation Amphibie.



La PNL est une discipline à la croisée des sciences humaines et des neuro-sciences née dans les années 1970 et élaborée par John Grinder et Richard Bandler. Elle a pour but d’étudier les processus comportementaux acquis afin de,les mettre à jour et, si nécessaire, de les faire évoluer au moyen d’une méthode appelée modélisation.


Souhaitant m’y former à titre personnel, j’ai posé les pieds chez lui de manière très pragmatique et pratique. C’est-à-dire pour deux raisons : d’abord, sans devoir courir jusque Bruxelles et ensuite, obtenir une certification sérieuse et officielle. C’était l’endroit idéal.

J’étais loin de me douter de l’expérience humaine que j’allais vivre. Expérience que je vous partagerais avec vous dans un deuxième article.


Stéphane a fondé en octobre 2019 le centre Amphibie à Louvain-La Neuve. Sa personnalité m’a particulièrement intriguée car je rencontrais quelqu’un qui incarnait pleinement toutes ses forces et ses fragilités à la fois. Authentique et présent. Décalé et réservé aussi et surtout, passionné. Car c’est avec beaucoup de générosité et transparence que Stéphane enseigne « ce qu’il sait », ou plutôt, selon lui « ce en quoi il croit ». Une croyance centrée à la fois sur l’épistémologie de la PNL et sur cette intuition que ce que l’on nomme « savoir » n’est qu’une croyance anthropocentrée de notre compréhension du monde. Au fond, il nous le dit, il reste un éternel apprenant.


Il a décidé d’être un éternel apprenant.


D’origine française, Stéphane a un parcours professionnel d’apparence classique. Sa famille le dissuade d’être professeur de mathématiques : il intègre alors une école d’ingénieur à Paris et se spécialise en informatique, en particulier en intelligence artificielle. S’en suivent des postes à responsabilité dans des entreprises internationales. Déplacements. Fric. Parfait bilingue. Sans aucun doute des costumes sortant du pressing. Il atterrit presque par hasard en Belgique avec son attaché-case et sa cravate.


Ah, la Belgique ! Un pays qu’il adore et dont il parle avec beaucoup de joie et de tendresse car c’est l’endroit de son cœur. Le climat, la mentalité, les paysages, et surtout les habitants de ce plat pays, tout correspond à ce qu’il aspire. La belgitude correspondrait à cette attitude de non-prise au sérieux, de dérision et de bonne franquette. Un humour décalé, parfois. Incompris, souvent. Comme Stéphane, sans doute.


Car Stéphane a vécu une enfance et une adolescence peu commune. Élevé au château de ses grands-parents dans le département de l’Allier en France, il n’avait pas de famille et grandissait dans un monde d’adultes tantôt sévères, tantôt perdus, tantôt indifférents. La vie en société était un mystère pour lui. Il ne comprenait réellement pas ce qui était demandé et quelle place il devait prendre. Cette absence de cadre a fait de lui, me confie-t-il, un naïf incompétent social. C’est lorsqu’il monte à Paris pour ses études qu’il va être jeté dans la jungle et se faire manger tout cru. Il va apprendre, à la dure.


Installation en 1999 donc, en Belgique, qui va changer sa vie. Je dirais même plus, la révolutionner. Rencontre avec Carine, son épouse. Ils ne se quitteront plus. Ils forment avec leur fille, Jordane, un trio qui semble une forteresse où vivent des hypersensibles. C’est aussi le socle sur lequel il peut se reposer quand ça capote.


Parce que ça a capoté.


En 2007, un projet qui s’écroule, une erreur humaine, l’entraine à être relégué au placard de son entreprise de l’époque. Humilié, Stéphane se remet profondément en question. Il découvre alors, du fond de ce bureau sans fenêtre, Tony Robbins, ce coach américain mondialement reconnu et qui pratique la PNL avec une intelligence relationnelle hors du commun. Ce fut une révélation pour Stéphane qui ne tarde pas à suivre un coaching avec l’équipe de l’Américain puis à devenir instructeur lui-même via le CFIP (Centre pour la Formation et l’Intervention Psychosociologique) à Bruxelles. Il devient en 2017 maître-praticien en PNL, et en juin 2018 enseignant PNL certifié IN.


Comprendre, ne pas comprendre, telle est la question ? résumerait, à mes yeux, le parcours de Stéphane. Sa soif d’apprendre est à la hauteur de son appétit pour aider les autres. Si vous combinez ces deux aspects, vous comprendrez aisément pourquoi Stéphane est devenu formateur et a renoué avec sa première passion étouffée : l’enseignement.


Intérimaire chez Daoust, il est appelé pour enseigner Powerpoint à Bruxelles formation à des jeunes infra-scolarisés, c’est-à-dire, ne possédant pas leur diplôme de fin d’études secondaires et en grande difficulté sociale. Je ne suis pas surprise d’entendre que ce fut pour Stéphane la meilleure expérience de toute sa vie, celle qui l’a révélée, celle où il a trouvé sa place, où il a pleinement incarné ses valeurs de partage, d’enseignement, de justice. Loin de son enfance solitaire au château, il découvre le monde des gens qui ne sont pas bien nés, sans accès à la culture ni l’enseignement, le monde du troc et de la survie.


Source: pixabay.com


Débordant de son cours d’informatique initialement prévu, il enseigne à ces jeunes la PNL telle qu’il la conçoit et non comme une liste d’outils pour gens aisés sachant se payer un coaching. Non, il le sait, ce qu’il veut, c’est rendre accessible la PNL à toutes les catégories sociales car la PNL peut changer la vie. Il en a fait l’expérience. C’est en aidant Jérémy, ce gamin paumé persuadé de rien valoir, qu’il a compris ce pourquoi il était fait. En transmettant son expérience et son savoir, il sait, au plus profond de lui, qu’il peut rendre le monde meilleur, de manière très concrète. Jérémy a réussi à imaginer son avenir, un avenir meilleur. Pour une personne à qui l’on a répété toute sa vie qu’elle est ratée et que son futur est raté, c’est une grande, immense, victoire. Parce que Stéphane est pétri par les valeurs de liberté, égalité, fraternité. La belgitude en plus avec un zest d’écologie. Le tout forme Amphibie.


A défaut d’avoir appris à s’insérer dans un groupe et à en comprendre les codes, Stéphane a pris cette liberté d’observer les humains, pour mieux les comprendre puis pour mieux les aider. La création du centre Amphibie est la concrétisation de ce parcours singulier : enseignement, accessibilité à la formation, œuvrer à un monde meilleur, grâce à la PNL, discipline dans laquelle il n’a pas encore réussi à s’ennuyer.


https://centreamphibie.be/


Elisabeth Vandenheede


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